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Ydra

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       YDRA

      Dessiné par Dick Carter

 

 

 On pourrait s'étonner que seuls deux architectes aient été en mesure de dessiner les vainqueurs dans cette compétition. Les lauriers sont partagés entre S&S dont les dessins ont gagné en 1965,1969 et 1971 et Dick Carter dont les bateaux ont gagné à trois reprises en 1966, 67 et 68. En 1969, le Néo Zélandais Chris Bouzaid arrivait en Europe avec son S&S Rainbow II et rentrait avec la coupe qu'il gardait jusqu'à ce qu' Optimist B, dessiné par Carter, ne le lui ravisse. Ironie de sort, Bouzaid se tournait ensuite vers Carter pour construire Waï-aniwa pour défendre la coupe de 1971 et voir le trophée revenir à Sydney à bord de Stormy Petrel de S&S. (NDLR : il se rattrapera avec ce même Waï-aniwa en 1972)

  Quoiqu'il en soit Hans Beilken, l'homme qui avait à nouveau gagné la coupe en 68 veut rapporter la coupe en Europe, et, pour lui, Dick Carter a dessiné un bateau bougrement intéressant bourré d'idées nouvelles. Comme il est à la fois voilier et barreur, Beilken a insufflé plein d'idées sur l'agencement du pont qui est considéré comme une plateforme d'ajustement et de réglages des voiles. Le roof "profilé" a été minimisé au maximum de ce que permet la jauge se traduisant par une roof bas en sifflet.

  Tout ce qu'on peut éviter ou éliminer sur le pont a été retiré. Un exemple en est le taquet de mouillage qui se trouve dans un petit puit recouvert par une trappe lorsque l'on en a pas besoin. Tout l'avant du bateau est ainsi dégagé, seul un faux était et des rails d'amure pour les trinquettes y sont installés.

 

  L.O.A.                      11.28 m             37 ft 0 in

  L.W.L.                       9.47 m             31 ft 1 in

  Beam                        3.25 m             10 ft 8 in

  Draft                         1.89 m              6 ft 2 in

  Sail Area                   58.5 sq m          630 sq ft

 

Ydra a été conçu comme une plateforme de travail sur laquelle on a mis un gréement ultra puissant. A ces fins, le pont a été dégagé de tout accastillage dont l'efficacité aurait été aléatoire à l'usage.

 

                         

                                           
                                                                                     

 

 

  Lorsque l'on regarde le bateau à quai on remarque tout de suite qu'il manque quelque chose, et l'on découvre vite que ce sont les tangons de spinnaker. Ils sont en fait rangés sous le pont et sortent par deux tubes à travers la pointe avant du roof. Voici comment le système fonctionne : Les écoutes de spi restent amurées sur l'extrémité de chaque tangon vers l'étrave et rentrent vers l'arrière sous le pont pour passer dans des poulies de retour. Lorsque l'on borde celles-ci, le tangon sort sur l'avant du pont. Il suffit alors d'amurer la balancine pour qu'il soit fonctionnel, sans aucun équipier à l'avant.

  Les aménagements que vous pouvez voir sur le dessin de droite sont tout sauf standard. La table à carte et le coin cuisine sont situés à l'avant au bout du carré. Beilken l'explique par le fait que sur des parcours autour de bouées, la descente est en général ouverte et encombrée de tas de voiles mouillées devenant plus qu'un passage. Il est aussi probable que peu de cuisine sera nécessaire durant ces épreuves, il faut juste espérer que le navigateur sera insensible au mal de mer.

  Avec cette très grande largeur de près 11 pieds il a été facile d'installer des banettes pour dormir et des banquettes des deux côtés du carré afin de concentrer le poids de l'équipage au cente du bateau et au vent. Le petit cockpit est dans le même esprit. Il est adapté au poste de barre et aux embraqueurs pour sa largeur, le reste de l'équipage se tenant sur le pont, même dans les courses au large.

  Le gréement a été l'objet d'une étude spécifique de la part de Beilken et de Pelle Peterson le fabricant du mât. Toutes les amures de haubanage sont internes avec des barres de flèche profilées. Le hale bas de bôme classique a été remplacé par un hale bas rigide à volant qui permet d'ajuster précisément la tension sur la chute.

  La coque typiquement Carter, large et peu profonde avec une base horizontale plus prononcée qu'auparavant , est réalisée en alliage d'aluminium, "le" matériau à la mode.

  L'aileron de quille très droit contraste avec ceux de S&S plus échancrés. Enfin, en théorie l'élancement plus marqué du gréement de Carter devrait lui fournir d'avantage de puissance, avec l'inconvénient d'être plus difficile à utiliser.

  Ydra est le premier exemple de la façon dont un voilier a réalisé un bateau autour de la propulsion vélique, faisant de ce facteur sa priorité. Ydra est un pur coursier de maître voilier, un modèle du genre en ce sens. A Cowes au mois d'Août, il a écrasé ses opposants, on attend de voir maintenant ce qu'il fera dans Sydney Hobart en Décembre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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